Phantom Love

I know they’ve been around, one hundred years ago
In the age of dances and kites
They used to kiss the fingertips
Of the ladies of time past
In gold-lame dress, an orchid pinned on their heart
Gambling fortunes behind baccarat tables
Betraying their faith
Can you guess how they ended up?
Busted, flat broke …
Mere decadence, that’s how they would call it
In Opium dens, or at Maxim’s
The ladies left a branch of the cherry tree
Which used to grow at Trocadero Square
Before the underground was dug?
A long time ahead,
When horse-drawn carriages used to run
All that to show off, my goodness!
What about clubbers, rave parties,
African dandies and big-time gamblers
It’s here and now, isn’t it?
All the same, They looked different
Unlike those bumpkins of ours
Maybe they are not so far, in the land of the shades
Their smile lingering on the reddish moon
In groovy nights
When it gets hot and high, and there is sex
And f…
OK, fine, I know, but they would call it voluptuousness,
It’s more refined, and burning, and passionate!
Therefore, be it Waltz or Coupé-Décalé
Let us live without delay
One day we’ll be carried away by the kite
Into the eternal cycle

 

 

Amour Fantasme

Tu que amas un amor fantasma y que das un nombre a la niebla
Toi qui referme tes bras vides sur ta poitrine et murmures les mots que nul n’entend, viens et dis-moi comment perforer le silence, comment embraser et brûler la solitude (Dulce Maria Loynaz)

Je sais qu’ils étaient là, ceux d’il y a cent ans
Au temps de la danse et des cerfs-volants
Ils baisaient le bout des doigts
Des dames de jadis à la chair de crème fraiche
En robe de lamé, le cœur piqué d’orchidée
Derrière les tables baccara, jouant aux dés
Jouant leur fortune et trahissant leur foi
Et terminant devinez quoi ?
Dans la dèche
Qu’on appelait décadence dans les fumeries d’opium
Les salons de chez Maxim’s
Elles ont laissé un rameau du cerisier qui poussait encore au Trocadéro
Avant qu’on n’y creuse le métro ?
Bien bien longtemps quand passaient les calèches
Quelle frime !
Et alors, les teufs, qu’est-ce donc
C’est maintenant, les sapeurs en costards et les flambeurs
Ils avaient quand même un autre look !
Ils avaient l’air moins plouk
Peut-être qu’ils ne sont pas si loin au pays des ombres
Qu’ils ont laissé leur sourire à la lune rousse
Aux nuits de folie …
Et de sexe, et de …
Oui, oui, j’ai compris, mais ils disaient volupté, c’est plus joli
Et plus chaud et plus ardent
Et plus violent
Alors valse ou coupé décalé qu’importe
Vivons sans attendre
Un jour nous emportera le cerf volant
Dans la ronde éternelle

 

Rebecca Behar

Rebecca Behar

Rebecca Behar is a French poet, currently active as a Slam performer in Paris. She was involved in alternative movements such as free radios, murals, poetry manifestoes. She has published children stories (Quatre Gamins dans le Cosmos – Mon petit éditeur ; Bulle d’Ozer et l’Enchanteur – Altramenta), short stories (La Vie de Bohème – Edilivre) and a book of literary criticism (Conférences et articles – Altramenta). Her CDs of poetry and music are downloadable in Jamendo. She keeps a blog about traveling and her last CD can be accessed from En guise de passeport.

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